Église Saint-Sulpice
Église Paroissiale de la Celle-sur-Morin
Une des plus anciennes églises de la région — Fondée en 1028
Architecture et Évolutions Majeures
Fondation (1028) : La date de mise en construction de l’église est fixée à l’an 1028, ce qui la rend contemporaine de l’église du Prieuré voisine. Elle reflète le tout début du gothique primaire à travers une construction initiale très simple et modeste.
À l’origine, l’abside du fond (le chœur) avec ses deux petites nefs latérales contrastait fortement avec la nef centrale au plafond droit. La porte d’entrée initiale se situait sur la façade côté chemin, surmontée d’un très joli linteau décoratif. Cette porte a vraisemblablement été bouchée lors des futurs agrandissements.
Agrandissement au XVe siècle
C’est à cette époque qu’est construite la grande nef et les bas-côtés visibles aujourd’hui. De facture très ordinaire avec des piliers prolongeant les nefs existantes, cette nef à plafond droit sans voûte faisait dire aux paroissiens de l’époque qu’elle ressemblait à une grange. Seul un clocheton est venu donner l’aspect d’une modeste église de campagne.
Restauration au XVIe siècle
Une minime restauration a permis la réfection des voûtes très primaires et surtout l’établissement du grand vitrail au-dessus du chœur composé d’une double géminée à trois rosaces.
Les Saints Patrons
Saint Sulpice (et Saint Blaise) : Dès la création de l’église, la paroisse fut dédiée à Saint Sulpice. Bien qu’il soit toujours resté le premier patron de l’église, il n’est curieusement représenté que par un unique petit vitrail situé au-dessus du porche d’entrée.
Saint Blandin : Durant les premiers siècles, les habitants considéraient Saint Blandin comme le véritable patron. Cet ermite menait une vie exemplaire dans l’île formée par le Morin avant même la construction du Prieuré. L’église conserve précieusement ses reliques.
Les Fresques et les Bancs
Les Fresques : Situées à droite et à gauche du chœur, elles sont en excellent état et représentent « La Transfiguration » et « Les Noces de Cana ». Relativement rares pour des églises de village, elles ont probablement été réalisées par des moines du Prieuré lors de l’agrandissement du XVe siècle.
Les Bancs : Installés lors de l’agrandissement, ils comportaient de petits cadres qui renfermaient le nom des propriétaires ou des locataires.
Le Patrimoine Mobilier & Les Vitraux
Les Magnifiques Vitraux
Les vitraux de l’abside frappent immédiatement le visiteur par leur beauté. Ils représentent :
- L’Annonciation & l’Adoration des Mages
- La Présentation au Temple
- La Cène
- Le Crucifiement, la Mise au tombeau et la Résurrection
- Les trois rosaces
- De chaque côté du Chœur : La Vierge Marie et Saint Roch (invoqué contre la peste)
- En façade latérale droite : Saint Blaise et Saint Blandin ermite
- En façade latérale gauche : Saint Joseph et Sainte Fare
Les Châsses Reliquaires
L’église possède de très anciennes châsses :
- Une vieille châsse en bois (XIIe ou XIIIe siècle) devant la chapelle d’hiver, portant les inscriptions de Saint Blandin et Saint Blaise (aujourd’hui vide).
- Quatre belles châsses en métal doré fixées aux quatre piles de la nef renfermant les reliques de Saint Blandin (l’une d’elles laisse apparaître son crâne).
Éléments Remarquables
- Le Bénitier en pierre : Provenant du Prieuré, doté d’une colonne sculptée et ornée de chapiteaux à acanthe du XIVe siècle.
- La Chaire : Très simple, installée lors de l’extension.
- La Cloche : Offerte par Arthur de Lionne, seigneur de la Celle, et bénite le 4 décembre 1692.
Les Statues
L’église abrite plusieurs statues de grande valeur historique :
- Notre Dame des Victoires (dans le chœur) et une Vierge à l’enfant tenant une colombe du XVIe siècle (dans la chapelle d’hiver).
- De très vieilles statues en bois du XIIIe siècle (ou antérieures), répertoriées à l’inventaire du patrimoine départemental : Saint Germain d’Auxerre, Saint Loup (Évêque de Sens et Évêque de Chalon s/Saône), Saint Blaise et Saint Blandin.
- Les statues de Saint Antoine et Sainte Thérèse.
Extrait du Graduale Romanum (1857)
Messe célébrée le 1er Mai à la mémoire de Saint Blandin, confesseur (Commune Confessoris Non Pontificis) :
L’Église sous la Révolution
L’édifice n’eut heureusement pas trop à souffrir de cette période agitée. Voici la chronologie des desservants de l’époque :
- 7 Août 1791 : Norbert Claude Cruel est installé comme curé constitutionnel. Il ne prête serment que le 7 Octobre 1792. Arrêté sur dénonciation le 30 Octobre 1793, il est élargi le 23 Janvier 1794. Il fera ensuite fonction d’instituteur pour pouvoir conserver son presbytère.
- 21 Mars 1795 : Un bénédictin anglais du prieuré (ce dernier ayant été vendu comme bien national) déclare avoir desservi le village.
- 1803 : Nicolas Coquillard, enfant de la Celle, devient le premier curé concordataire (il exerçait déjà à Guérard depuis la reprise du culte en 1795).
